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Psychanalyse, sciences et rationalité

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Apertura 9
Collection « Revue Apertura », 2004

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4e de couverture

Apertura 9
Collection « Revue Apertura », 2004, prix: 15.5 €
La psychanalyse et les enjeux de la tentation scientifique Michel Fennetaux Dès qu’on aperçoit le péril de l’avènement de l’idéal de l’homo scientificus fait peser sur l’être parlant, on commence de prendre la mesure de la puissance des forces de séduction que les sirènes de la science exercent sur les psychanalystes ; et aussi de percevoir que le véritable enjeu du débat autour de la scientificité de la psychanalyse n’est pas de nature épistémologique mais de nature éthique. De Freud à Lacan, ils sont en effet quelques-uns à avoir eu le souci de cette dimension, et au moins l’intuition que la transmission de l’expérience analytique de l’inconscient appelait un tout autre espace de représentation que l’espace de type euclidien. Pure pratique de la parole, la psychanalyse explore le point où, pour chacun, consistance se noue à incomplétude, alliance spécifiant les diverses régions qui coexistent dans le champ contemporain de la rationalité. Comment n’y aurait-elle pas une place, et une place éminente même ? Trois logos pour une rationalité Daniel Koren A la question : « Quel est le style de discursivité qui anime la rationalité freudienne au moment même de penser son objet et dont Freud se sert pour rendre compte ? », nous avons répondu par la proposition de trois logos différents et indissociables à la fois dénommés logos scientifique-empirique, fantasmatique-spéculatif et mythique-archéologique. La visée d’une telle démarche consiste à dégager un élément de différenciation épistémique relative à la spécificité propre de la psychanalyse, et en opposition aux tentatives de la mesurer à l’aune des critères exogènes et hétérogènes à cette spécificité. Disparité subjective Joël Dor Définir la scientificité suppose, au plus, l’existence d’un paradigme a priori à partir duquel le titre de science peut être décerné, soit à minima d’un « critère de démarcation » susceptible d’établir la différence entre ce qui a droit au titre « d’objet ou de concept scientifique » et ce qui est simplement métaphore, analogie, extrapolation voire encore notion idéologique (cf. I. Stengers). De tels critères existent-ils, lesquels nous permettraient alors de concevoir,sans controverse, une position subjective où le sujet décrirait l’objet dans la certitude de ne pas participer lui-même à ce qu’il décrit ? La structure du sujet, telle qu’elle nous est révélée dans l’expérience analytique paraît contredire l’avènement d’une telle certitude, exceptée au prix de la forclusion du sujet. En ce sens le titre de science apparaît plus comme un enjeu qu’il n’est réellement un attribut. De ce point de vue, comment situer alors la référence à certains paradigmes « scientifiques » introduits dans le champ même de la réflexion psychanalytique ? Mythes du savoir, paradoxes de la vérité Michel Constantopoulos La division du sujetg est comme telle inscrite dans les règles de la grammaire : on pourrait dire que les paradoxes en découlent. Elle est abordée ici sous l’angle du mythe, par le biais d’une nouvelle de G. Garcia-Marquez où la division entre le sujet et le savoir n’est repérable que de la place de la mort. Est-ce construire un autre mythe que de déceler les prémisses de cette division dans les fragments des présocratiques ? Ce texte invite à une réflexion autour de ces thèmes. Descartes : le sujet Romain Chepfer Initiateur de la notion de sujet, Descartes lui donne rang puisqu’elle demeure la figure emblématique de la pensée philosophique. La reprise par la théorie psychanalytique de la question du sujet permet une relecture du Cogito, pointe les dangers de la mathésis, de la métaphysique met à l’épreuve la « méditation seconde » (le thème des hommes mus par des ressorts). Nous découvrirons aussi que Descartes est en proie à un souvenir tenaillant, reconstruit, ayant trait à sa mère. Le Cogito, le thème des automates du Traité de l’homme sont d’abord des énoncés. Est-il possible d’en dégager la marque d’un fantasme qui habiterait Descartes nous présentant sa propre division, le faisant découvrir comme sujet désirant traversé par un manque affectant au Cogito une place inattendue ? Le sujet-supposé-savoir en tant que présence immédiate Guy Le Gauffey En prenant appui sur les minutes de l’introduction critique de la notion de sujet-supposé-savoir dans le séminaire de Lacan « L’identification », l’auteur montre que ce sujet est lié à la ratio de l’âge classique, notamment telle qu’elle apparaît chez Laplace, lorsque ce dernier fait entrer en fonction son « Intelligence » susceptible de voir le monde évoluer à travers le temps selon les lois de la mécanique classique. Cette ratio classique est à distinguer clairement d’une raison contemporaine dominée par le modèle axiomatique, où la question de la consistance discursive semble avoir écarté une problématique du fondement. C’est l’exception qui fait la loi Jean Szpirko A partir du titre « C’est l’exception qui fait la loi », l’auteur se propose de cerner la question du réel dans un double repérage : celui qui fait signe dans laé subjectivité et qui intéresse la psychanalyse,n et celui qui fait l’objet d’une recherche dans d’autres disciplines habituellement qualifiées de scientifiques. Le point de départ de l’article concerne le statut des évidences qui masauent à la fois une faille subjective structuralke dans le sujet et une défaillance dans une discipline jusqu’au surgissement d’un couac ou d’une exception qui ne sauraient trouver place dans la formulation d’une loi constitutive, jusqu’alors, de cette discipline. Dans la psychanalyse, le sujet s’interroge et produit un savoir aqui jamais ne parvient à saturer la défaillance à laquelle il se propose de remédier . Dans ce mouvement, le désir se déduit comme constituant un vecteur de discours autour d’un réel qu’il borde et qui est inaccessible à la fois au sujet et à d’autres qui partageaient sa préoccupation. A contrario, dans les autres disciplines, la question du désir du chercheur est méconnu. L’attedntion est plutôt portée sur un réel qu’il étudie et auquel il affecte le nom d’objet comme extérieur à lui. Cet objet investi est métonymique de celui qui soutient son désir. Ainsi, il s’agirait d’un même réel, mais bordé différemment puisque la métonymie s’effectue dans une terminologie qui privilégie des énoncés collectifs, rendant ainsi possible « la communication entre les hommes ». Rationalité de la folie Françoise Davoine A partir des « Tarner Lectures » prononcées en 1956 à Cambridge par le physicien Erwin Schrœdinger, deux questions seront retenues, auxquelles la pratique et la théorisation psychotiques apportent une réponse, à condition de les considérer comme d’authentiques démarches heuristiques. 1. La question du sujet de la connaissance dans la science, qui n’a pu se construire que de son élision. 2. L’exploration de formes de temporalité qui ne comportent ni avant ni après. La seconde question est un corollaire de la première. En effet, pour peu qu’un analyste se prête au transfert psychotique dans le cadre d’un travail dont les paramètres peuvent être repérés, le monde que la folie donne à voir se présente dans un temps sans évènementialité, pour lequel il n’est pas de sujet, pas d’Autre pour en répondre. Il se prête donc idéalement à la tentation d’une description objective, puisque la subjectivité de celui qui en témoigne se trouve disqualifiée par la monstration de cet état du monde retranché du discours. L’alternative est de considérer comme une entreprise de rationalité, comme l’investigation d’un réel retranché du discours, qui tend à l’écriture d’une histoire, vouée à l’inexistence par des catastrophes qui ont arrêté le cours du temps. L’analyste ne peut s’exclure de ce processus, mais il y intervient par l’interférences de bribes de son histoire qui gravitent autour de tels trous temporels où sombre le devenir. Une telle infraction à la dite neutralité paraît être une condition pour que le processus de rationalité psychotique aboutisse au retour du sujet élidé. Le réel d’un philosophe et le réel de la psychanalyse Monique David-Ménard La question du réel renvoie la psychanalyse à la philosophie et vice versa, tout en marquant le joint d’une impossible clôture de ces discours théoriques : en psychanalyse la coïncidence entre le réel du trauma et certaines consécutions de faits (de la vie ou construits par la science) met en déroute le savoir de l’analyste. En philosophie, certains penseurs vont plus loin qu’une définition de la réalité comme imaginaire, au sens lacanien du terme, mais c’est au prix d’inscrire la question métaphysique du réel dans une problématique de la croyance. La psychanalyse comme limite René Bailly Les tentatives de Lacan pour donner un statut scientifique à la psychanalyse, à l’instar des sciences reconnues, ne dépassent pas la métaphore et l’analogie. L’utilisation de l’outil mathématique (topologie et nœud borroméen) débouche sur des contradictions au niveau de la notion capitale dans la théorie lacanienne de trou. La production de la notion de mathème semble permettre de lever la contradiction, mais place la psychanalyse dans une position de limite dans le concert des sciences. Les voix de la transmission Sylvie Sésé-Léger C’est une mise en perspective de deux bilans : celui que dresse Lacan en 1978 au dernier congrès de l’E.F.P. : son enseignement n’a pas évité l’échec de la transmission de la psychanalyse ; et celui de Freud en 1914 époque des grandes turbulences du monde et des premiers soubresauts de la communauté psychanalytique. Au moment où il entend assurer la transmission du savoir inventé par lui, Freud est surpris par le message de l’Autre ; le sien d’abord altéré part la dissidence de ses disciples, lesquels le ramènent au savoir qui lui fut transmis, à leur insu, par ses propres maîtres. Névrose de transmission en psychanalyse Gérard Haddad Le concept de transmission renferme un paradoxe : il suppose, en effet, l’existence d’une continuité et du maintien d’un savoir à travers les générations. Or tout savoir relève de l’ordre symbolique qui, par nature, est discontinu. Ce paradoxe éclaire-t-il les avatars de la transmission ? Par ailleurs l’inflation des débats autour de cette question relève du symptôme, c’est-à-dire d’une difficulté aggravée. En définitive, la seule transmission dont nous étions jusque là assurés était celle du fait humain lui-même. Or il s’avère à l’expérience de ce siècle que cette transmission, là aussi, se trouve en question. D’une double boucle à son nœud borroméen : hypothèse sur le lien entre science, littérature et psychanalyse Jean-Marie Jadin L’auteur fait l’hypothèse que la rationalité psychanalytique est pour une part le cumul en chaque individu singulier de crises qui sont de même nature que la crise de la rationalité scientifique et la crise du sens dans la littérature. La rationalité psychanalytique serait une organisation de ces crises homologue à celle des scansions suspensives du syllogisme du temps logique de Lacan, homologue aussi à la topologie borroméenne que celui-ci a promue plus tard. Théorie quantique et rationnalité André Coret La théorie quantique établit qu’il existe une limite quant à la possibilité de représenter l’objet élémentaire. Serait alors rompue la démarche rationnelle. Utilisant des entités symboliques, la théorie quantique est le premier effort, au sein de la science, de rupture du lien entre l’objet (le réel) et son imaginaire. C’est en travaillant sur un « représentant » de l’objet et non plus sur l’objet lui-même que la théorie se réinsère dans le langage et, par conséquent, dans la rationalité.

PArtager
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